Interview : Rencontre avec Misère et cordes

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Misère et cordes

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Yoooo le Phonographe  !!! Misère et Cordes vient aujourd’hui te faire vibrer la sensible et se joint à nous le temps d’un petit échange.

Les cinq amis qui composent le groupe viennent de sortir leur dernier album « Ces Zozos-là » et ce nom bien choisi nous fait découvrir leur nouvelle ambiance qui sur un swing de Contre-basse, les manoucheries de la guitare et le timbre intemporel de l’accordéon fait vivre des idées.

Car quand j’écoute Misère et Cordes, la chanson française reprend toute la puissance qui la caractérise. Cette grandeur où Musique et Littérature trouvent le courage d’aller plus loin que la simple drôlerie et dépasse l’esthétisme.

Il y a des groupes comme ça qui catalysent tout ce qui a de plus sincère dans la démarche artistique et à une époque où 90% de la chanson te fait couler le cerveau par les oreilles, il est des îlot qu’il fait bon d’écouter.

Sur ce bonne découverte !
 
Misère et cordes c’est une longue histoire (Depuis 1998), quelle est la genèse du projet ?
Stef : Au départ, c’est trois gars qui travaillaient ensemble dans des structures sociales, puis on s’est mis à faire de la musique en mode feu de camp. On a démarré sur des reprises, puis des texte sont arrivés, on s’est mis à composer des morceaux, on a recruté un batteur et un bassiste et c’est parti comme ça.

Mickey : Oui les trois c’était Stef, Tof et Tchoa.
 
Misère et cordes
 

Ensuite il y a eu le premier album ?

Stef : Après, on a fait un premier tremplin à l’Usine de Istres en 2000 que l’on a remporté.

Mickey : Moi, j’étais dans la concurrence ! (Rires)

Tof : Oui c’est notre côté social, on récupère les perdants. (Rires)

Stef : Grâce au tremplin, on a fait un premier quatre titres « Allez vaï », c’était super car à cette époque-là ce n’était pas évident d’enregistrer. Le 10 titres « Biznesszik » est sorti en 2005. Et en 2016 on sort le deuxième ! (Rires)

 

Entre l’album « Allez Vai » et “Ces Zozo là », il y a eu un changement de trajectoire au niveau des sonorités. Qu’est ce qui en est la source ?

Stef : C’est vrai que sur le premier album, on avait un son un peu différent de part la basse, la clarinette, la batterie. Au bout de quatre ans, cette formation a commencé à se fatiguer.

Tof : Je pense surtout qu’on a eu du mal à se renouveler, peu de textes venaient. La vie évoluant pour chacun c’était plus dur d’avancer ensemble dans le groupe et il y a eu l’envie de faire une pause pour réfléchir.

Quelques temps après, on s’est dit : “On repart ?!” et inspiration à fond ! C’est surtout l’envie de reprendre sur de nouvelles bases, de ne pas tomber dans le piège de raviver les vieilles cendres. Donc on a tout balayé, même les tubes qui avaient marché à l’international (Rires) , on a tout réécrit et puis l’idée d’intégrer un accordéon et une contrebasse semblait évidente.

Tchoa : Surtout dans le sens où on souhaitait quelque chose de plus accoustique, ce côté plus simple à mettre en place, où tu sors les instruments et tu joues dans la rue.

 

Comment avez vous amorçé la différence d’énergie entre les deux albums ?

Tof : On avait envie de naviguer dans de nouvelles atmosphères et la venue de Caro et Mickey a grandement participé à l’enrichissement de notre musique. Caro nous a apporté des structures musicales plus complexes que nous on appelle “du n’importe quoi” (Rires).

Caro : C’est ce qu’on appelle de la musique savante en fait ! (Rires)

Stef : Oui, elle met tout les accords qu’elle connait dans un morceau, puis elle les mélange pour le suivant! (Rires)

 

Justement, les textes de l’album ondulent dans le contraste gravité/légèreté du fond et de la forme et c’est quelque chose qui vous caractérise. Comment concevez-vous cette idée de discuter un peu de tout l’air de rien ?

Tchoa  : Dans ce qu’on raconte, c’est avant tout une ouverture à la réflexion, on n’essaye pas de moraliser. On tente d’apporter un regard humoristique sur des choses sérieuses. C’est vrai qu’on parle de sujets graves, qui sont parfois polémiques, mais c’est en les prenant sous un angle décalé qu’on arrive à avoir du recul.

Comment s’organise la dynamique de création musique/texte sur vos morceaux ?

Tof : Il n’y a pas vraiment d’organisation, c’est arrivé qu’on donne un texte au musicien pour qu’il en fasse quelque chose, qu’on se partage l’écriture ou qu’on parte d’une musique. Chacun partage ses idées et participe.

Stef : En tous cas ça se négocie après, on arrive encore à se parler (Rires)

Tof : On se fait vraiment confiance et on a jamais refusé des idées.

Caro : Sauf “Le trou” ….

Tof : C’est vrai que vous n’aviez jamais voulu le jouer “Le Trou” ! Ouai, ouai je vous en parlerai en interview solo tout à l’heure. (Rires)

 

Ce qu’on apprécie vraiment sur les lives, c’est que vous évoluez comme des conteurs, vous jouez physiquement et on a le sentiment que les morceaux sont écris pour être partager en live, c’est le cas ?

Mickey  : Oui, on travaille tous les morceaux dans une optique de live. On les enrichit au fur et à mesure des répétitions et des concerts. On va reprendre des intros, des petits passages pour gagner en fluidité et travailler cette ambiance musicale.

Tof  : On est tous d’accord aussi que pour coller à l’ambiance des morceaux, il est important de se mettre en scène mais sans basculer dans du théâtre. Donc on recherche vraiment un équilibre. C’est pas évident, ça demande de se poser, de bien réfléchir et encore aujourd’hui on évolue toujours sur nos performances.

Caro : Mettre en avant le côté humoristique de nos textes passe forcément par cette mise en scène, on ne pouvait pas l’imaginer autrement. C’est vraiment une manière d’aller au bout de se qu’on dit et de notre engagement sur les morceaux.

Tchoa : On cherche aussi à ce que chacun ait sa place sur la scène, non pas seuleument qu’un chanteur fasse le show mais que tous puissent apporter leur touche.

Stef : Une vraie équipe quoi ! (Rires)

Tof  : Oui c’est important car Misère et Cordes c’était ça avant et continuer à améliorer ça dans cette nouvelle formation c’est du plaisir. C’est aussi du plaisir de jouer de et avec la musique.

 

 

Il y a eu beaucoup de travail sur la qualité et le graphisme de l’album, vous avez tout fait en autoprod ?

Stef : On a tout enregistré nous-même et pour le mixage et le mastering on est passé par d’autres personnes. Nous avons eu aussi de l’aide pour les dessins mais on a réalisé la mise en page complète de l’album.

Tof : Nous avons beaucoup travaillé le graphisme, on a passé du temps a essayer de donner une existence visuelle, une couleur à tout cet univers-là et que ça ait une cohérence. On aime bien le côté artisanal.

 

Pour votre premier album, on vous avait catalogué très rapidement dans les musiques régionales, ça vous a desservit ?

Stef : On avait un morceau écrit avec le vocabulaire de Marseille et on l’avait arrangé dans les sonorités provençales. Le morceau à bien marché et nous avons été rangé dans les variétés régionales. On était tout sauf ça …

Tof : On ne voulait pas être un groupe provençal (Rires). On s’est fait coller une étiquette et bien-sûr que ça te freine quand du coup tu n’apportes pas ce qu’on attend de toi. Nous on se considère faisant de la chanson française.

 

Justement, comment vous vous inscrivez dans la chanson française ?

Caro  : Je pense qu’on fait de la chanson française dans le sens où on ose aborder des sujets qui ne se traitent pas habituellement en chanson.

Tchoa  : Sans être des révolutionnaires, on peut dire qu’on est joyeusement engagés. Personnellement, je suis un enfant de Renaud, Brassens, Brel.    Félicitation : La piste que tu cherches est là numéro deux !

Stef  : Plus récent, on peut parler de Mano Solo. Voilà, en quoi la chanson française ne qualifie rien car on navigue déjà entre deux mondes, de Brassens à Solo. On se place justement dans cette «  Nouvelle scène Française  » qui navigue vraiment entre toutes ces références.

Tof  : On a besoin en tous cas de parler de sujets concrets, d’avoir un fait, quelque chose à dire pour dégainer le stylo. C’est normal aussi qu’on veuille nous ranger quelque part, du moment qu’on est dans la chanson française humoristique, ça nous convient largement.

 

 

Après la sortie de l’album, c’est quoi le prochaine étape pour le groupe? Peut-être un clip ?

Stef  : On est un peu trop vieux pour ces conneries. Pas que l’on n’ y ait pas pensé. Nous sommes conscients qu’aujourd’hui le moindre groupe qui sort a son clip et tout son marketing.

Tof : A vrai dire, on n’a pas l’énergie pour ça. On a envie de se voir, de répéter, de préparer des dates. On ne se positionne plus là dedans. Le projet pour nous est de faire des belle s scènes dans l’année et de se faire plaisir.

Stef : Il y a un temps pour tout aussi, maintenant il y a la vie de famille, c’est compliqué de s’investir énormément dans une promo, sachant que c’est quelque chose que l’on a déjà fait et ça ne correspond plus à nos envies actuelles.

Caro : On fait avant tout de la musique et si les choses doivent se faire, elles se feront naturellement. Le disque est déjà une grosse étape et on laisse venir la suite.
 

Misere et cordes

 

Pour finir, si vous aviez une découverte à passer sur la platine du phonographe ?

Mickey : Oui, il y a un bon petit groupe « No man’s Louise« . C’est un duo violoncelle/accordéon avec de jolis textes dessus. Je vous recommande aussi « The Dead Fox On The Road », un duo Folk niçois qui viennent de sortir un premier EP et un clip très original avec des archives de la NASA !